Dans l’univers exigeant du vin et de l’innovation, Célia Roussin trace une trajectoire singulière. Entre sciences, entrepreneuriat et intuition, elle s’est donnée une mission claire : sublimer l’intelligence végétale du raisin. Rencontre avec une fondatrice aussi lucide que déterminée, créatrice de Pépite Raisin en 2023 puis de GRAP en 2025.
Sorbonne Université : que t’ont apporté tes études au CELSA ?
Célia Roussin : Je reste profondément reconnaissante envers les enseignants du CELSA entre humanités, communication et business.
En sortant du CELSA j’ai rejoint le groupe LVMH où je suis restée 12 ans. Puis j’ai monté ma première entreprise en 2023 et la seconde en 2025. Piloter et structurer l’entreprise en tenant compte des enjeux planétaires, apprendre à construire un business durable, le CELSA m’a appris à faire des ponts entre les gens et les activités, et surtout à lire le monde autrement. C’est une formation d’excellence. On y apprend à avoir la tête bien faite, pas juste bien pleine.
Sorbonne Université : ton parcours semble marqué par une vraie confiance en toi.
Célia Roussin : oui, je n’ai pas peur de me tromper. Si j’échoue, c’est que j’ai essayé, et essayer, c’est réussir. J’ai construit ma confiance en moi avec mon éducation -je remercie mes parents-, que je continue de travailler, notamment avec la méditation, le coaching, l’écriture…. Et puis il y a eu ce moment clé : mon premier client. Il m’a donné une légitimité, une validation concrète. C’est à partir de là que tout a vraiment démarré pour le business.
Sorbonne Université : Dis-nous une chose que tu as sous-estimé.
Célia Roussin : ne pas confondre soi-même et sa boîte. C’est essentiel. Et aussi, garder du temps pour soi. “Care is self care.” Être bien entourée, par ses proches, son conjoint… c’est indispensable pour tenir dans la durée.
Sorbonne Université : quelle est ta recommandation pour les jeunes entrepreneurs aujourd’hui ?
Célia Roussin : ne pas hésiter à demander plus d’argent auprès des investisseurs et financeurs. Parler d’argent, ce n’est pas trivial, ce n’est pas vulgaire. C’est une condition nécessaire pour une discussion éclairée et un pilotage serein. Ce n’est pas le centre de la conversation, mais un outil à maîtriser. Il faut apprendre à négocier et demander beaucoup plus d’argent aux financeurs, surtout en tant que femmes.
Sorbonne Université : si tu avais une baguette magique ?
Célia Roussin : je reviendrais sur ma capacité à financer mon activité. À parler d’argent plus tôt, plus clairement.
Sorbonne Université : tu es aussi maman. Comment gères-tu cet équilibre ?
Célia Roussin : je partage la charge mentale et logistique avec mon mari. Le plus dur n’a pas été pendant sa première année, mais maintenant à 3 ans et demi avec des aléas d’agenda de l’école, de périscolaire, de canicule. On s’organise au mieux et ma famille est ma priorité. Je veux aussi qu’elle voit sa maman s’épanouir et contribuer avec une entreprise engagée comme un modèle.
Sorbonne Université : un dernier mot ?
Célia Roussin : je suis profondément reconnaissante envers le CELSA. J’y ai été diplômée en 2011, et cette école m’a donné des bases solides pour évoluer dans un monde en mouvement. Créer des entreprises viables, oser. C’est une vraie chance dans mon parcours.